Difficile de passer à côté des caprices de la petite Greta en ce moment, donc je me suis dit que c'était le bon moment pour faire un topic sur l'écologie !
Je ne vais pas m'attarder sur son rôle et son utilité ou non, les écolos ont raison quand ils disent que c'est s'attaquer à la forme au détriment du fond.
Pour aller vite, on va dire que l'écologie politique, c'est une mouvance qui entend être le relais des signals d'alarme de la communauté scientifique sur la détérioration de notre environnement, et propose donc des solutions à l'échelle de la société. Ces dernières années le discours écologiste est devenu bien plus alarmiste, jusqu'à revêtir parfois une dimension quasi apocalyptique. On parle de " catastrophe ", de " désastre ", de situation bientôt irrémédiable...
C'est là que je commence à être paumé, parce que je ne vois pas d'adéquation entre la situation dépeinte et les solutions proposées. Je m'explique : Si on est vraiment au bord du gouffre, comment la situation peut-elle s'améliorer dans un monde où la doctrine hégémonique est le capitalisme, dont l'un des fondements est l'accumulation infinie de richesses ? Il faudrait au contraire sortir d'une logique de croissance, pour entrer dans une logique de gestion, donc quitter le capitalisme pour embrasser le collectivisme.
On va tout de suite évacuer la fumisterie du "capitalisme vert", qui laisserait des centaines de millions de personnes sur le carreau, parce que si on sort d'un idéal de possession de produits superflus, les marchés disponibles, et donc la main d'oeuvre qu'ils emploient, diminuent drastiquement. On arriverait assez vite à un taux de chômage tel que les actifs ne pourraient plus supporter les inactifs, forcant les Etats à prendre le relais pour distribuer les ressources disponibles. Donc retour contraint au collectivisme là encore.
Et pourtant, quand on regarde les partis écolos en Europe, on est sur du centre droit ou du centre gauche, ce qui parait absurde. Pour promouvoir le collectivisme on pourrait bien sûr les retrouver à l'extrême gauche, mais même un rapprochement avec l'extrême droite semble plus cohérent que des alliances avec des sociaux-démocrates. Les nationalistes sont sensibles aux campagnes, à un schéma de vie traditionnel et local, ils sont hostiles au cosmopolitisme qui véhicule cette idée d'eldorado qu'on va chercher ailleurs que chez soi, ils ont une perception du monde conservatrice qui peut faire écho au conservatisme écologique, bref, à bien des égards, ça pourrait coller. Enfin tout mais pas le centre, ceux qui pensent que le libéralisme va tout résoudre par magie et que les entreprises sont notre salut.
On va me dire que ces partis, ce ne sont pas les citoyens. Mais les citoyens votent pour ces gens-là, aux européennes EELV a fait 13% des votes, en se définissant comme " pas de gauche " et favorable au capitalisme. La FI fait 6,5% avec un décroissant ( donc un collectiviste ) comme Ruffin, qui est pourtant totalement en adéquation avec le schéma que j'ai présenté plus haut pour la transition écologique.
Bref, à un moment il y a forcément un imposteur quelque part. Soit l'écologie se satisfait de la position tiède des partis écologistes européens, et Greta et tous ceux qui prévoient des catastrophes à venir sont des gourous hallucinés, soit ces derniers ont raison, et dans ce cas les EELV et leurs avatars partout en Europe ne font que polluer le paysage politique en s'appropriant un label pour induire les gens en erreur. Qu'en pensez vous ? Qui faut-il mettre au bûcher ? Doit-on vraiment changer notre mode de production ?
