Pour faire suite à l'échange eu avec Cioran sur un autre sujet, j'ouvre ce topic et ce débat, sur une des questions qui depuis la fin du XXe siècle est entré dans la vie politique française et ne semble pas vouloir en partir. Depuis la création et la monter du FN dans les années 80 en passant par la campagne présidentielle de N. Sarkozy en 2007, puis la création d'un Ministère de l'Immigration sous le mandat de ce dernier, jusqu'à aujourd'hui ou à chaque élection, il est question de d'identité nationale. Il me parait intéressant d'essayer de trouver la réponse à cette question. Qu'est-ce que l'identité nationale française ?
Cette question, qui en appel d'autre, je l'ai déjà posé plusieurs fois sur le sujet Politiques intérieur (Ex GJ), pour essayer de comprendre pourquoi la France serait mis en danger par un "Grand remplacement" pas seulement physique, mais aussi identitaire (culturelle, etc.). Mais, jusque-là aucune réponse qui ne m'avait été donné, quand il y avait une réponse, n'était assez convaincante à mon goût. D'où l'intérêt de ce nouveau sujet pour en discuter.
Mais avant de pouvoir déterminer si oui ou non, il y a un remplacement identitaire qui est en cours en France. Nous devons commencer par définir ce qu'est l'identité nationale française et pourquoi nous ressentons aujourd'hui plus qu'avant le besoin de définir cette identité. Ensuite, il sera intéressent de déterminer par quoi/qui cette identité pourrait bien être remplacé ?
Dans un premier temps, il me semble important de préciser les termes sur lesquels on débat, depuis le début. A savoir ethnie, culture (communauté culturelle, aire culturelle, etc.), nation et identité. Au vu des approximations et erreurs que nous avons pu faire en utilisant parfois ces mots, mais aussi je pense des définitions différentes que nous avons de ces mêmes mots. Ce qui réduit les chances de bien se faire comprendre l'un de l'autre.
Les définitions sont à retrouver dans les différents spoilers ci-dessous.
Nation :
- Signifiait d'abord groupe d'individus de même naissance (natio) : la nation picarde formait un des principaux groupes d'étudiants de la Sorbonne médiévale ; les cinq nations (note de moi-même : aujourd'hui, six nations) disputent tous les ans un tournoi de rugby. Le mot a acquis ses lettres de noblesse, et parfois la majuscule, pour désigner une population qu'unissent une histoire et une culture communes, qui vit le plus souvent sur le même territoire, et si possible sous l'autorité d'un même Etat. Dans l'usage courant, Nation désigne un pays souverain : de ceux qui traitent entre eux aux Nations-Unies, jadis à la Société des Nations, et s'accordent ou non dans leurs échanges la clause de la nation la plus favorisée. L'idée sous-jacente est celle de l'Etat-nation, idéal forgé en Europe, mis en forme par la Révolution française [...], exporté dans le reste du Monde, parfois sans que les mêmes bases historiques y aient existé. Bien des pays d'Amérique latine ont eu un Etat et un territoire avant d'être des nations, même si celles-ci ont, avec le temps, fini par y naître. Des Etats d'Afrique et d'Asie n'ont de nations que l'apparence, et l'apparat. [...] Inversement, certains peuples ne disposent pas de deux des plus importants attributs de la nation, le territoire et l'Etat, ce qui a provoqué et provoque encore quelques-uns des plus violents conflits, liés à ce que l'on a pris l'habitude d'appeler la question nationale : des peuples ne disposent pas d'un territoire propre et n'ont pu construire d'Etat autonome, soit qu'ils en aient été chassés (Palestiniens, Juifs avant eux), soit qu'il se trouve partagé entre d'autres puissances (Polonais à plusieurs reprises, Kurdes, Arméniens, Basques aujourd'hui). D'autres Etats en revanche ont des populations d'ethnies, de langues, de religions différentes, ce qui peut se traduire par de pacifiques cohabitations (Suisse), [...], ou conduire à l'éclatement, voire à la guerre civile si l'autorité centrale fléchit (URSS, Yougoslavie). La nation, comme l'Etat, sont des catégories abstraites qui s'opposent parfois aux réalités concrètes : "Il vénérait la France, mais méprisait les Français" (J.L. Borges, Le Rapport de Brodie). [...] Le mot peuple est parfois substitué à nation pour désigner des communautés moins autonomes ou moins soudées. V . aussi ethnie, [...]. Brunet, R., Ferras, R., & Théry, H. (1993). Nation. In Les mots de la géographie (3e éd., p. 344). Paris, France : RECLUS, La Documentation Française.
- Le terme nation désigne une construction identitaire partagée par une communauté d'hommes, marquée par un sentiment d'appartenance à une culture commune et ayant ou revendiquant un territoire spécifique. Ainsi, la nation française habite un territoire national et on reconnaît comme étant de nationalité française l'individu né sur ce territoire en vertu du droit du sol. [...] Il peut toutefois arriver qu'une nation ne possède pas d'Etat ou soit dépossédée de son territoire national, comme ce fut le cas de la Pologne avant 1914. Baud, P., Bourgeat, S., & Bras, C. (2013). Etat, nation, pays. In Dictionnaire de géographie (5e éd., p. 182‑183). Paris, France : Hatier.
- Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. [...] Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L'existence d'une nation est (pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours, comme l'existence de l'individu est une affirmation perpétuelle de vie.Tremblay, J. (2010, septembre 19).Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation? Consulté le 20 avril 2020, à l’adresse http://classiques.uqac.ca/clas…_ce_une_nation_texte.html
Ethnie :
- Collection d'individus, population, considérée comme cohérente, dont les membres partagent une culture commune, notamment la langue, les institutions, les rites. Plus faible que la nation, est synonyme de peuple, et tout aussi vague ; cependant, des géographes estiment qu'un peuple est plus grand et plus complexe qu'une ethnie. Vient du mot par lequel les Grecs désignaient les autres peuples qu'eux-même [...]. Il en a conservé une valeur surtout exotique : on parle officiellement du "peuple" corse, personne n'a osé évoquer une ethnie corse, bretonne, auvergnate ou flamande. Le mot apparaît tantôt technique ~ mais d'usage ultramarin ~, tantôt vaguement péjoratif et quelque peu colonialiste ; on peut pourtant le juger plus valorisant que tribu et a fortiori que peuplade, auxquels il tends à se substituer. L'adjectif ethnique paraît plus neutre que tribal. Mais l'ethnisme est la propension à survaloriser son ethnie d'appartenance, au détriment de toutes les autres : c'est un racisme. Même de nos jours, est réputé allemand, et pouvoir s'installer en Allemagne, quiconque a du "sang" allemand dans son ascendance ; cela entraîne d'amples migrations à partir de la Pologne ou de la Russie, même de familles qui y étaient établies depuis des générations et ne parlent pas la langue allemande. "Ce choix obligatoire, a un inconvénient majeur. Il retrouve le "mauvais génie" allemand : l'ethnisme" (R. Lafont, La Nation, l'Etat, Les régions). Brunet, R., Ferras, R., & Théry, H. (1993). Ethnie. In Les mots de la géographie (3e éd., p. 199‑200). Paris, France : RECLUS, La Documentation Française.
- [...] Le mot ethnie qui désigne une population cohérente, du moins en théorie, par ses caractères culturels, voire simplement religieux, est beaucoup plus restreint, une nation pouvant être pluriethnique, comme au Vietnam, ou en Côte d'Ivoire. On utilise aussi l'expression d'Etat multinational pour des pays comme la Russie. Baud, P., Bourgeat, S., & Bras, C. (2013). Etat, nation, pays. In Dictionnaire de géographie (5e éd., p. 182‑183). Paris, France : Hatier.
- Culture : [...] Le premier se marque concrètement par des implantations structurantes (maisons ou palais, opéras, théâtres, bibliothèques et même très grandes bibliothèques) ; par des activités sporadique ([...]) ; par des productions de richesse et des déplacements de consommation. Il s'associe au loisir dans les géographies du tourisme ou des spectacles. D'autre part, le mot évoque tout ce qui relève, tant dans l'idéel que dans le matériel, de ce que comptent l'apprentissage en général, et l'activité intellectuelle en particulier, comme dimension des individus et des sociétés : tout ce que naguère on appelait d'un côté les superstructures, d'un autre les civilisations. Certains champs sont ainsi des champs culturels (langues, religions, pratiques spatiales, institutions parentales, réglementations foncières, comportement démographiques). La culture, qui inclut l'information, les institutions, les habitus, les mythes et les modèles, les représentations, est l'un des déterminants fondamentaux des systèmes géographiques. Le géographe [...] se garde du possible réductionnisme qui va décrétant que "tout est culturel". Par habitude, et regrettablement, il conserve même l'idée que le culturel intervient en "dernier" ressort, quand on a épuisé toutes les autres explications possibles : si une distribution ne semble pas relever du naturel, de l'économique, du social, du politique, à la suite de la vérification de séries d'hypothèses d'abord avancées dans ces domaines, il conclut, comme en renonçant à comprendre, que "c'est culturel", c'est-à-dire mystérieux : par exemple en France la distribution spatiale de l'alcoolisme, du suicide, des professions libérales, des régimes de succession, du travail féminin, de la fécondité, des études longues. En fait, il existe bel et bien des modes régionaux de comportements, qu'il vaut mieux entrer dans les hypothèses initiales, et il n'y a aucune raison de conserver cette hiérarchie implicite mettant la culture au dernier rang : la culture locale ou régionale est un élément constitutif des systèmes géographiques, et non un simple résidu. "Dans une excellente monographie d'un village du Niger, l'auteur, qui note la fréquence de la ligne courbe dans le tracé des parcelles cultivées, pense qu'il faudrait chercher une explication dans le "psychisme des Noirs", mais il ajoute aussi vite que prudemment, que celui-ci ne nous est pas suffisamment connu. La recherche géographique a-t-elle de ces timidités quand elle se fait géologie ou science économique ?" (P. Monbeig, Les Modes de penser dans la géographie humaine). Les sciences sociales ont beaucoup débattu sur les relations entre ce qui relevait du "naturel" et du "culturel" dans les comportements, ce qui est une autre façon de parler de l'inné et de l'acquis. Comme dans beaucoup de débats dichotomiques, peu de progrès s'on sont suivis. Brunet, R., Ferras, R., & Théry, H. (1993). Culture. In Les mots de la géographie (3e éd., p. 139). Paris, France : RECLUS, La Documentation Française.
- Le système culturel : Le sociologue américain Talcott Parsons (1902-1979) et le géographe Joël Bonnemaison (1940-1997) ont montré que la culture s'ordonne autour de quatre pôles : la croyance, le savoir, la compétence technique et un espace considéré comme le support physique des trois pôles précédents. Ces quatre pôles sont interdépendants et constituent un véritable système (cf. p. 246) beaucoup plus englobant que le seul système social : le système culturel. Le territoire est, dans cette acception, un mode d'appropriation de l'espace mais surtout une représentation de celui-ci. L'approche culturelle en géographie revient donc à étudier par une analyse systémique non seulement les particularités, mais surtout les interrelations entre les quatre éléments de ce système. L'espace joue évidemment un rôle essentiel pour des géographes qui montrent comment se crée le territoire et comment on passe, par un changement d'échelles, du foyer culturel à la région, puis aux aires culturelles. La diffusion est en effet la dernière étape du processus de construction du fait culturel, après la découverte, l'invention et l'innovation. Ces théories restent cependant contestées à la fois par certains anthropologues, par la plupart des philosophes, mais aussi par des géographes, qui soulignent le caractère schématique de telles généralisations. Baud, P., Bourgeat, S., & Bras, C. (2013). Culture, géographie culturelle. In Dictionnaire de géographie (5e éd., p. 77). Paris, France : Hatier.
- Aire culturelle : Espace de diffusion ou d'entretien d'une culture au sens global, ou d'un trait culturel commun. La géographie a, à la fois, affaire au culturel et au cultural (pour celui-ci, v. agriculture ; cf. les "façons culturales"). Brunet, R., Ferras, R., & Théry, H. (1993). Culture. In Les mots de la géographie (3e éd., p. 139). Paris, France : RECLUS, La Documentation Française.
- Les aires culturelles : On appelle aire culturelle dans son sens le plus simple l'aire d'extension d'une culture. Des sociétés différentes peuvent donc appartenir à une même aire culturelle dès lors qu'elles sont marquées par une homogénéité culturelle ou de mode de vie. Par ailleurs, le terme de culture supposant un ensemble de formes d'organisation (les structures sociales, les structures politiques, les valeurs éthiques et les religions), les grandes aires religieuses (cf. p. 432) sont une forme particulière d'aires culturelles. Mais de nos jours, par une généralisation fréquente, liée à une terminologie floue (en allemand, civilisation se dit Kultur ou Zivilisation), l'expression d'aire culturelle est parfois assimilée à celle d'aire de civilisation (cf. p. 259), médiatisée pas S. Huntington. Néanmoins, le terme de civilisation reste plutôt réservé à un usage extérieur, social, tandis que celui de culture souligne davantage l'aspect intérieur, voire spirituel, ce qui est d'ailleurs conforme à l'emploi des termes en allemand. Toute aire culturelle est donc aussi par définition une aire historique. La notion de civilisation occidentale illustre bien ce flou sémantique. Concept discuté par les historiens et les philosophes (il caractériserait les sociétés marquées par les héritages de la pensée gréco-romaine, de la pensée judéo-chrétienne, puis de la Renaissance), il aurait acquis d'autres valeurs au XIXe siècle dans le contexte de l'industrialisation de l'Europe et du positivisme, telles celle de progrès économique et social puis de démocratie. Dans le cadre de la Guerre froide, certains politologues ont repris cette notion pour qualifier une aire centrée sur l'Europe de l'Ouest catholique et protestante en l'étendant à des espaces marqués majoritairement par ces influences : Amérique anglo-saxonne, Australie, Nouvelle-Zélande. L'exclusion du monde slave ~soviétique~ puis la volonté d'y intégrer désormais l'Europe orientale depuis la fin de l'URSS et les récents élargissements de l'Union européenne témoignent de sa finalité géopolitique et non culturelle. La notion d'aire culturelle connaît actuellement un certain succès du fait du contexte de mondialisation. selon certains, les aires culturelles auraient tendance à s'estomper au profit d'un village planétaire ou d'un village global, qui supposerait une culture universelle issue d'un métissage culturel (un mélange des cultures). Cette uniformisation supposée est parfois analysée, là aussi de manière excessive, comme une "occidentalisation", voire une américanisation du monde (cf. article Mondialisation, système-monde). Baud, P., Bourgeat, S., & Bras, C. (2013). Culture, géographie culturelle. In Dictionnaire de géographie (5e éd., p. 78-79). Paris, France : Hatier.
Ethnie : Groupement humain qui possède une structure familiale, économique et sociale homogène, et dont l'unité repose sur une communauté de langue, de culture et de conscience de groupe.
Source : Larousse, É. (s. d.-a). Définitions : ethnie - Dictionnaire de français Larousse. Consulté le 18 avril 2020, à l’adresse https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/ethnie/31396
Nation : Ensemble des êtres humains vivant dans un même territoire, ayant une communauté d'origine, d'histoire, de culture, de traditions, parfois de langue, et constituant une communauté politique. Entité abstraite, collective et indivisible, distincte des individus qui la composent et titulaire de la souveraineté.
Source : Larousse, É. (s. d.-c). Définitions : nation - Dictionnaire de français Larousse. Consulté le 18 avril 2020, à l’adresse https://www.larousse.fr/dictio…tion/53859?q=nation#53503
Culture : Enrichissement de l'esprit par des exercices intellectuels. Connaissances dans un domaine particulier : Elle a une vaste culture médicale. Ensemble des phénomènes matériels et idéologiques qui caractérisent un groupe ethnique ou une nation, une civilisation, par opposition à un autre groupe ou à une autre nation : La culture occidentale. Dans un groupe social, ensemble de signes caractéristiques du comportement de quelqu'un (langage, gestes, vêtements, etc.) qui le différencient de quelqu'un appartenant à une autre couche sociale que lui : Culture bourgeoise, ouvrière. Ensemble de traditions technologiques et artistiques caractérisant tel ou tel stade de la préhistoire.
Source : Larousse, É. (s. d.-a). Définitions : culture - Dictionnaire de français Larousse. Consulté le 18 avril 2020, à l’adresse https://www.larousse.fr/dictio…ure/21072?q=culture#20950
À la lecture de ces définitions, on se rend compte, que vouloir relier la couleur de peau et l'ethnie n'a pas de sens. Le premier n'étant pas un constitutif du second. Et que par conséquent lorsque nous parlions d'ethnie en faisant référence à la couleur de la peau ou d'autres caractéristiques telle que la couleur des yeux ou des cheveux, nous ne parlions en réalité pas de caractéristique ethnique, mais bel et bien des caractéristiques physique des individus. Et c'est là un point important qui je pense méritait d'être souligné.
Identité : Mot à double sens, définissant à la fois le caractère de ce qui est pareil et de ce qui e distinct. La racine latine idem « désigne le même », d'après it, lui : à la fois « lui-même » et « deux objets semblables », impliquant tout ensemble et l'idée de singularité (je suis qui je suis, non un autre ; la racine se retrouve dans idiographie ou idiot), et l'idée de similarité (ces deux objets ont même forme).
1. Comme similitude, l'identité pose des problèmes épistémologiques intéressants en géographie. Il n'existe pas deux lieux, deux régions, deux villes identiques. Nombre de géographes ont cru pouvoir en conclure que seule l'étude monographique était légitime (v. idiographie). C'était oublier que l'on peut observer quantité de situations identiques, et de problèmes de même nature. Comparaisons et typologies restent des démarches fécondes en géographie, et permettent de dégager des structures, de repérer des constantes, de découvrir ou de formuler des lois et des modèles au- delà des identités locales (sens 2), en raison d'identités structurelles et dynamiques (sens 1).
2. Comme expression de la singularité, l'identité pose quelques problèmes... singuliers, dans la mesure où elle se définit par une appartenance collective. En effet, la géographie est abondamment sollicitée de contribuer à définir des identités, dans deux domaines distincts et complémentaires : soit en décrivant des identités spatiales (représentant des collectivités d'individus), soit en fournissant des bases locales (donc collectives) de l'identité personnelle, ce qui ne manque pas de paradoxe. Le territoire est un fournisseur d'identité extrêmement sollicité. « All distance of place however wide... /All nations, colors, bar- Darisms, civilizations, languages, / All identities that have existed or may exist on this globe, or any globe » (« Toutes les distances entre lieux, si grandes soient-elles, Toutes les nations, cou- leurs, barbaries, civilisations, langues, Toutes les identités passées et à venir sur ce globe ou à naitre », W. Whitman, Leaves of grass).
La quête d'identité individuelle et collective est une attitude permanente de l'humanité ; elle fonde la distinction, la différence et, en retour, elle s'exprime par celles-ci. Elle implique des signes de reconnaissance par la langue, la culture, une manière d'être, de simples tournures : l'identité des Hébreux de la tribu d'Éphraim fut jadis reconnue à leur façon de prononcer le mot shibboleth (épi), devenu depuis synonyme d'épreuve initiatique... et qui entraîna la mort par égorgement de « quarante- deux mille hommes d'Éphraim » (Juges, XII, Il,6). Il semble qu'elle s'exagère en période de difficulté, de crise, de changement, quand se déplacent ou s'évanouissent les repères. Le terme s'est répandu dans le discours quotidien et scientifique à la fois : on dit volontiers identité régionale, identité locale... L'identité est une façon de se définir à travers un discours tenu sur soi-même, pour l'essentiel d'ordre ethnogéographique, soumis à la fois à des modèles et à des effets de mode : à certains moments, on cherche son identité par la racine.
Identité va souvent de pair avec territoire et touche à la conception qu'a l'individu de lui- même et de son environnement social. Exemples, parmi bien d'autres, et relevant parfois du néologisme : latinité, occitanité, négritude, parisianisme, provençalisme, romanité, ou encore le Méridional, I ‘Indien ou le Scandinave, exemples choisis à travers l'héritage linguistique, le poids culturel ou l'ethnotype généralisateur. On imagine en effet aisément l'étape suivante dans ce genre de discours : le parisianisme conquérant, la romanité porteuse de toutes les civilisations (face à la « celtitude », mais celle-ci a ses « vraies valeurs » et son « authenticité », sinon son « génie » ...).
Le géographe, longtemps réduit au simple rôle de greffier du territoire, est par ailleurs l'un des plus vieux dispensateurs d'identité, à travers les dénombrements qui sont les siens, les identifications de terres nouvelles et leur désignation (au détriment, souvent, de l'identité définie par leurs habitants mêmes), à la codification de l'espace qu'il propose. Car l'homme a pour ambition de se « graver » (s'inscrire) dans l'espace, d'y imprimer sa marque, de le baliser et donc d'y produire un territoire, cette appropriation conférant identité à la fois au territoire et à lui-même : celui-là est dénommé, et celui-ci renommé d'après celui-là.
L'identité passe par le territoire, lequel secrète l'identité par le lieu, sinon... par la carte. Et cela va parfois très loin dans la construction régionale, à qui l'on confère volontiers une identité relevant d'une personnification fréquente, dont la presse est coutumière : le Languedoc-Roussillon décide, l'Alsace vous accueille, la Corse bouge (ou ne bouge la pas), les Pays-de-la-Loire vont de l'avant, l'Auvergne vous attend, la Bourgogne revendique ; même « PACA » remue.
Laissons de côté l'identité prêtée aux personnes à travers leur origine géographique, par exemple ces Espagnols « orgueilleux », mais avec en plus quelques nuances : graves (Castillans), fiers (Andalous), ombrageux (Aragonais, têtus aussi), entreprenants (Catalans), minutieux (Valenciens, par leurs cultures), rêveurs (Manchegos, par leur culture, qu'encombre l'Homme de la Mancha), ou sobres (Murciens). En insistant et pour d'autres pays, on trouvera l'indolent, l'insouciant, le pointilleux, l'actif, le vaillant, le brave quant aux « qualités de la race », c'est-à-dire du lieu, et quelques activités spécialisées : le commerçant, le commis voyageur, l'entrepreneur, le manœuvre et la bonne à tout faire, autrefois Bécassine et maintenant Maria ou Fatima.
Comme si le caractère venait du lieu, ou mieux encore du sol. Les groupes sociaux sans support territorial apparaissent étrangers et incomplets, même si leur identité collective est forte : ainsi des Tziganes, Gitans, Bohémiens et autres « gens du voyage ». Les individus « importés » dans les campagnes sont soucieux d'une identité que paraît leur fournir parfois l'architecture que l'on dit du pays, en style régional et néorégional de maisons pseudocampagnardes à usage de citadins en manque d'identité. Mais on demande en général aux immigrés de bien vouloir abandonner leur identité pour s'assimiler au plus vite.
La personne peut-elle s'identifier à un lieu, et ne s'identifier qu'à un lieu ? L'idée de patrie ou de berceau le propose, celle de pays y tendrait aussi, certaines appellations ne servant qu'à définir un espace et ne semblant pas avoir d'autre réalité qu'identitaire. L'identité est censée alors découler d'un héritage historique, d'une pratique territoriale bien repérée, d'une simple dénomination par habitude. Cela fait plusieurs niveaux de sérieux ou de futilité. Car il est vrai que certaines pratiques sociales locales, certaines cultures locales contribuent à la formation de la personnalité, du moins à l'intérieur de certaines catégories sociales.
Elles peuvent être associées à des formes sociales historiquement constituées, et même à des styles de rapports entre ces formes et un milieu physique particulier. Cette identité peut se renforcer, dans le périmètre géographique qu'on lui impartit ou qu'elle se reconnaît, par des productions diverses, d'origine littéraire ou d'inspiration artistique, des comportements et des pratiques pouvant s'appuyer sur un sport, une langue, des traditions, autant de marqueurs divers et d'identifiants, de référents d'identité plus que d'indicateurs quantifiables dont use habituellement le géographe. Mais, bien entendu, on n'a jamais démontré qu'un impalpable « esprit » ou « génie » attaché à un lieu soufflait à chacun de ses natifs quelques vents bienfaisants ou mauvais qui entreraient dans la personnalité de chacun : c'est en vivant ensemble, et en agissant, que se forge l'identité. Et c'est quand elle est mal affirmée, pas assez ferme, qu'elle cherche à se conforter par l'hostilité aux autres. Un peu d'identité rend sauvage et raciste, beaucoup d'identité ouvre à l'altruisme. F+B Brunet, R., Ferras, R., & Théry, H. (1993). Identité. In Les mots de la géographie (3e éd., p. 266-267). Paris, France : RECLUS, La Documentation Française.
Identité : L’identité est un des fondements de l’appartenance et une composante de la territorialité. La notion d'identité renvoie à la fois à ce qui est semblable (similarité) et à ce qui est distinct (singularité).
L'identité comme similitude renvoie aux processus d'homogénéisation observables dans le monde : paysages d'entrée des villes, effets de la transnationalisation des entreprises, etc. À travers des représentations modélisées de l'organisation de l'espace certains travaux de géographes s'efforcent de dégager des lois de similitude, des configurations reproductibles, transférables : l'organisation des espaces estuariens, le modèle d'organisation de la ville-centre européenne, de la ville nord-américaine, etc.
Dans une approche différente du terme, la quête identitaire, souvent réactivée à l'aube du XXIe siècle, passe par l'attachement de l'individu, du groupe à son territoire de référence (selon les niveaux d'échelle : le quartier, la ville, la région, la patrie). C'est une notion qui engage alors le temps long.
Citons Les mots de la géographie : « Le géographe, longtemps réduit au simple greffier du territoire, est par ailleurs l'un des plus vieux dispensateurs d'identité, à travers les dénombrements qui sont les siens, les identifications de terres nouvelles et leur désignation (...), à travers la codification de l'espace qu'il propose. Car l'homme a pour ambition de se "graver" (s'inscrire) dans l'espace, d'y imprimer sa marque, de le baliser et donc d'y produire du territoire, cette appropriation conférant identité à la fois au territoire et à lui-même. »
Ainsi, au-delà des attachements au passé, l'identité peut aussi se construire autour de projets pour le futur des territoires (territoires de projet, d'innovation). Géoconfluence. (s. d.). Identité. Consulté le 18 avril 2020, à l’adresse http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/identite
L'identité française selon Fernand Braudel : "C'est justement cet accord du temps présent avec le temps passé qui représenterait pour moi l'identité parfaite, laquelle n'existe pas. Le passé, c'est une série d'expériences, de réalités bien antérieures à vous et moi, mais qui existeront encore dans dix, vingt, trente ans ou même beaucoup plus tard. Le problème pratique de l'identité dans la vie actuelle, c'est donc l'accord ou le désaccord avec des réalités profondes, le fait d'être attentif, ou pas, à ces réalités profondes et d'avoir ou non une politique qui en tient compte, essaie de modifier ce qui est modifiable, de conserver ce qui doit l'être. C'est une réflexion attentive sur ce qui existe au préalable."
Pour le Larousse : L'identité est un caractère permanent et fondamental de quelqu'un, d'un groupe, qui fait son individualité, sa singularité : Personne qui cherche son identité. Larousse, É. (s. d.). Définitions : identité - Dictionnaire de français Larousse. Consulté le 18 avril 2020, à l’adresse https://www.larousse.fr/dictio…ncais/identit%C3%A9/41420
Les questions à se poser, sont donc maintenant de définir à quoi correspond l'identité française. D'ailleurs, n'y a t-il qu'une identité française aujourd'hui ? L'identité française se compose-t-elle d'identités régionales ? L'identité française se moule-t-elle dans une identité européenne plus globale ? Mais aussi, pourquoi parle t-ont autant aujourd'hui d'identité nationale qu'elle soit française ou autre ?
Commençons donc par comprendre pourquoi l'identité nationale est devenu aujourd'hui et depuis la fin du XXe siècle un sujet aussi important ?
Il est intéressant de noter que pour l'historienne Anne-Marie Thiesse (directrice de recherche au CNRS et auteur de La Création des identités nationales. Europe XVIIIe - XXe siècle (Seuil, 1999)), l'expression "d'identité nationale" n'était pas utilisé en France avant le début des années 19801. Mais toujours selon A-M. Thiesse, depuis les années 60, aux Etats-Unis plusieurs sociologue utilisaient déjà ce concept d'identité pour définir des groupes. Et le fait intéressant, c'est que "les premiers à se l'approprier furent les femmes et les Noirs, c'est-à-dire des groupes victimes de discriminations pour lesquels l'affirmation d'une identité était une façon de retourner le "stigmate" qui les différenciait en en faisant un élément de fierté. [...] C'est quand il se sent menacé qu'un groupe éprouve la nécessité de radicaliser sa différence par rapport aux autres, explique-t-elle. Ce n'est pas un hasard si l'expression "identité nationale" est apparue dans les années 1980, quand la France perdait son leadership et se sentait, du coup, plus vulnérable."2 Il apparaîtrait donc que l'on cherche à se définir une identité lorsque l'on se sent vulnérable, que l'on est "victime de discrimination".
La question est de savoir, pourquoi aujourd'hui en France on se sent vulnérable, a tel point de devoir se "retrancher" derrière une identité nationale. Qui ne peut que nous distancer des autres, mais aussi nous diviser entre nous. Comme le fait remarquer Fernand Braudel dans, l’Identité de la France. Tome 1. Espace et histoire (Arthaud-Flammarion, 1986), et repris par Y. Florennes : « Or, dès qu’on regarde, loin de sauter aux yeux, l’unité française s’efface, cependant qu’apparaissent cent, mille France. Non seulement dans le sol, mais dans les constructions, les institutions, la vie des hommes. L’"identité" annoncée, elle se manifeste paradoxalement, non dans l’identique totalitaire, mais dans une libre diversité, une différence à l’infini. Telle est la France : une et divisible (ce « mot » que nous risquions naguère, Braudel, qui a tout lu, s’amuse à le citer). Entre « divisible » et « divisée », il y a tout l’écart du possible à l’accompli ; toute une danse française qui ne va jamais jusqu’au pas de rupture. »3.
Le concept d'identité nationale, apparaît donc plutôt comme un concept idéologique récent, servant de "refuge identitaire" à une période où la France voit son influence international diminuer, les difficultés économiques augmenter et "où il est devenu plus difficile de mobiliser d'autres identités, comme l'identité de "classe" par exemple, touchée par le déclin du marxisme."4. En revanche, le concept d'identité française, lui est bien plus ancien. Et c'est sur cette notion que nous allons nous attarder maintenant, pour tenter de comprendre et définir ce qu'est l'identité française.
Pour commencer, je vais citer F. Braudel qui avant de donner une définition de l’identité française dans un entretien accordé au journal, Le Monde, en 1985 a dit ceci : " Pour un historien, il y a une identité de la France à rechercher avec les erreurs et les succès possibles, [...]. Vous me demandez s'il est possible d'en donner une définition. Oui, à condition qu'elle laisse place à toutes les interprétations, à toutes les interventions. Pour moi, l'identité de la France est incompréhensible si on ne la replace pas dans la suite des événements de son passé, car le passé intervient dans le présent, le "brûle"."5 Ce qui laisse présager de la difficulté que l'on risque d'avoir à tenter de définir par la suite ce que peut être l'identité française.
Attardons-nous donc, sur la définition de l'identité française donné par F. Braudel dans cet entretien. Tout d'abord, il y aurait trois points important, en plus du rapport au temps (donc du passé) (cf. voir Spoiler : Identité), qui constituerait selon lui la base de l'identité française :
- Le premier de ses points important, est "l'unité de la France". Qui s'entend pour F. Braudel, comme un "besoin de concentration et de centralisation"6, pour que le territoire soit "unis". Dans cette entretien, il dira : "Je crois que le pouvoir central est tel que, à chaque instant, il peut ramener les régions qui seraient trop égoïstes, trop soucieuses d'elles-mêmes, dans le sens de l'intérêt général."7 ;
- Le second point, serait "l'inadéquation de la France à la vie économique du monde"8 capitaliste ;
- Le dernier point, qui suit le précédent : "la France ne réussit pas au point de vue économique ; elle réussit au point de vue politique de façon limitée parce qu'elle triomphe, précisément, dans ses propres limites. Toutes ses sorties en dehors de l'Hexagone se sont terminées de façon malheureuse, mais il y a un triomphe permanent de la vie française, qui est un triomphe culturel, un rayonnement de civilisation."9. Dans ce dernier point, F. Braudel estime que ce "rayonnement" est caractéristique de l'identité de la France ("Et ce rayonnement émane toujours de Paris. Il y a aussi une centralisation très ancienne de la culture française. Bien sûr, il existe bien d'autres conditions : triomphe de la langue française, des habitudes françaises, des modes françaises, et, aussi, la présence, dans ce carrefour que la France est en Europe, d'un nombre considérable d'étrangers. Il n'y a pas de civilisation française sans l'accession des étrangers ; c'est comme ça."10).
J'invite tous ceux qui sont encore là à aller lire l'extrait de l'entretien disponible ici pour mieux saisir ce qu'est l'identité française pour F. Braudel. Il y expose l'importance particulière qu'a la langue française, "La France, c'est la langue française"11. Ainsi que son avis sur le futur de l'identité française qui doit passer par la construction de l'Europe, mais "pas celle des patries, des gouvernements ou des affaires"12. Mais celle de l'Europe des peuples.
Intéressons-nous maintenant à ce que "pensent" les Français, en 2009 une enquête du groupe Kantar, nous permet de nous faire une idée des éléments important qui ferait partie de l'identité française pour les Français.
- Les Droits de l'Homme (96 %) ;
- La langue française (95 %) ;
- Le système de protection sociale (94 %) ;
- La "culture et le patrimoine" (92 %) ;
- La "capacité d'intégration des diversités culturelles et ethniques" (81 %) ;
- La laïcité (80 %) ;
- "L'héritage chrétien" (41 %).
source : Les Français et l'identité nationale
On notera, que pour 81 % des sondés, la "capacité d'intégration des diversités culturelles et ethniques" est jugé comme étant "plutôt important" (48 %) ou "très important" (33 %). Ce qui signifie, que pour une très grande majorité des français, la capacité à intégrer des diversités culturelles ou ethniques est un constitutif de l'identité française. On retrouve cette "acceptation" de l'étranger, comme élément de l'identité française chez F. Braudel ("Il n'y a pas de civilisation française sans l'accession des étrangers ; c'est comme ça."13).
Le concept d'identité démocratique de la France de Vincent Duclert (professeur agrégé à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et auteur de La France, une identité démocratique (Seuil, 2008)), qui se serait créé autour de certains "principes fondamentaux" d'abord à la fin du XIXe siècle puis au début du XXe siècle autour des grandes lois de l'époque ("liberté de la presse (1881), sur l'école (1881-1882), sur les syndicats (1884), sur la liberté d'association (1901), sur la séparation des Eglises et de l'Etat (1905)..."14). Puis c'est poursuivis tout au long du XXe siècle "avec les lois sur les congés payés ; à la Libération, quand les femmes ont obtenu le droit de vote et que la Sécurité sociale a été créée ; en 1981, avec l'abolition de la peine de mort..."15. Se reflète dans les résultats de ce sondage, à travers la quasi-unanimité des sondés autours des éléments suivant : le système de protection sociale et les Droits de l'Homme. La laïcité est un peu en retrait par rapport aux deux autres éléments cité précédemment, mais est tout de même plébiscité par 80% des sondés.
On remarque aussi avec intérêt que les "racines chrétiennes" ne sembles pas devoir faire partie pour 56 % des sondés des éléments constitutifs de l'identité française, mais que dans le même temps pour 92 % d'entres eux la "culture et le patrimoine" en font partie. On peut voir dans ce résultat à première vue contradictoire, le signe que la société française continue à être de moins en moins religieuse 16 (même si la religion catholique est encore de loin la première religion de France 17). Une athéisation de la société française en somme, mais non un reniement des français à leur histoire.
Enfin, l'Etat français lui-même depuis 201218, nous donnes les "valeurs" que se doivent des respecter toutes personnes souhaitant acquérir la nationalité française. Petit florilège non exhaustif des "Principes, valeurs et symboles de la République française" selon le Ministère de l'Intérieur :
- Le peuple français se reconnaît dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 et dans les principes démocratiques hérités de son histoire.
- La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale dont les principes sont fixés par la Constitution du 4 octobre 1958.
- Laïque : la République assure la liberté de conscience. Elle respecte toutes les croyances. Chacun est libre de croire, de ne pas croire, de changer de religion. La République garantit le libre exercice des cultes mais n’en reconnaît, n’en salarie ni n’en subventionne aucun. L’Etat et les religions sont séparés.
- La République participe à l’Union européenne constituée d’Etats qui ont choisi librement d’exercer en commun certaines de leurs compétences.
Je m'arrête là, mais la liste complète se trouve sur le site du Ministère de l'Intérieur (lien dans la bibliographie). On retrouve donc à l'intérieur de cette charte la plupart des éléments déjà cités en amont.
A l'aide de tout cela, est-il pour autant maintenant plus facile de définir ce qu'est être français ? J'aurais tendance à dire que non. Immense déception pour moi s'il en est. Mais j'espère que ce nouveau topic sera justement l'occasion d'approfondir ce sujet !
- Wieder, T. (2009, novembre 10). Aux racines de l’identité nationale. Consulté le 18 avril 2020, à l’adresse https://www.lemonde.fr/politiq…onale_1263699_823448.html
- voir 1
- Florenne, Y. (1986, juin 1). « L’identité de la France » de Fernand Braudel. Consulté le 18 avril 2020, à l’adresse https://www.monde-diplomatique.fr/1986/06/FLORENNE/39274
- voir 1
- Girard, L. (2007, mars 16). L’identité française selon Fernand Braudel. Consulté le 18 avril 2020, à l’adresse https://www.lemonde.fr/societe…-braudel_883988_3224.html
- voir 5
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- voir 1
- voir 1
- Marchand, L. (2015, mai 7). Plus de la moitié des Français ne se réclament d’aucune religion. Consulté le 20 avril 2020, à l’adresse https://www.lemonde.fr/les-dec…gion_4629612_4355770.html
- la Vie, D. L. P. P. :. I. D. :. (2015, avril 1). Les baptisés aujourd’hui... et en 2045 ? Consulté le 20 avril 2020, à l’adresse http://www.lavie.fr/medias/inf…-31-03-2015-61671_699.php
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